La paix arrive au Caucase : quel sera l’avenir de l’Azerbaïdjan, de l’Arménie et de la Géorgie ?

Le problème du Karabakh est en cours de résolution. L’armée azerbaïdjanaise libère ses territoires occupés, la campagne militaire touche à sa fin. Cela signifie-t-il l’arrivée de la paix et de la stabilité dans le Caucase du Sud ? Sans aucun doute.

27 ans de négociations de paix pour résoudre le conflit du Karabakh n’ont donné aucun résultat, mais l’armée azerbaïdjanaise a résolu le problème en un mois. À un moment donné, cela devait arriver et c’est arrivé. Bien sûr, ce serait mieux si ce processus pouvait être mené pacifiquement, sans pertes humaines, mais, malheureusement, l’armée devait faire ce que les politiciens ne pouvaient pas et ne voulaient pas faire. Lorsque l’armée intervient dans le processus, ce n’est pas sans pertes. En fait, même si les négociations de paix se poursuivaient pendant encore 27 ans, la question ne serait pas résolue et les pertes humaines continueraient. Je vous rappelle que pendant les 27 ans de cessez-le-feu, le nombre de victimes dans l’armée azerbaïdjanaise et la population civile en raison des violations du cessez-le-feu a dépassé 2 000 !

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Que se passera-t-il après la libération du Karabakh ?
Certains peuvent prétendre que les Arméniens vont rassembler leurs forces et lancer une nouvelle campagne militaire pour récupérer ce qu’ils ont perdu. Mais cette version doit être catégoriquement rejetée. Les politiciens arméniens sont bien conscients que les territoires occupés par l’armée azerbaïdjanaise appartiennent désormais à l’Azerbaïdjan et qu’ils ne pourront jamais faire l’objet de différends. Néanmoins, si un jour les Arméniens voudront déclencher une guerre contre l’Azerbaïdjan avec des revendications territoriales, la guerre s’étendra sur le territoire de l’Arménie ; alors ni la Russie ni les États membres de l’Organisation du Traité de sécurité collective n’interféreront dans cette guerre. Les politiciens arméniens en sont bien conscients et ne constitueront donc plus une menace de guerre dans le Caucase.

Que se passerait-il si le problème du Karabakh n’était pas résolu ?
Après un certain temps, l’Arménie lancerait une campagne militaro-politique pour réaliser ses revendications territoriales contre la Géorgie. (Bien sûr, à ce moment-là, l’Arménie ne serait pas en mesure de la décrire comme une « guerre chrétienne-musulmane », car les Géorgiens sont aussi chrétiens, et peu importe qu’ils se convertissent au christianisme avant ou après les Arméniens).
L’Arménie a des revendications passives sur la région de Javakheti en Géorgie et ne l’a jamais cachée.
Plus tard, les revendications territoriales de l’Arménie sur la Turquie resteraient toujours un casse-tête régional. Bien sûr, l’Arménie ne déclarerait pas la guerre à la Turquie, les forces sont remarquablement déséquilibrées. Mais les États intéressés par la région, ainsi que par la « carte arménienne », essaieraient toujours de tirer des avantages politiques de ces revendications.

Que se passera-t-il après le règlement du conflit du Karabakh ?
L’Arménie obtiendra la stabilité politique et il n’y aura pas d’arguments destructeurs dans la vie politique de ce pays comme Karabakh. L’économie du pays va croître. Sa dépendance vis-à-vis de la Russie diminuera. Au contraire, la dépendance de la Russie à l’égard de l’Arménie pourrait même augmenter. En effet, la Russie souhaite développer ses relations commerciales et économiques avec la Turquie, mais il n’existe pas de routes terrestres entre ces pays. La Russie a accès à la Turquie via l’Azerbaïdjan et l’Arménie via le sud du Caucase pacifique.
L’Iran arrêterera d’utiliser le facteur Karabakh pour déstabiliser le Caucase du Sud. Les revendications de l’Iran sur l’Azerbaïdjan prendront fin. L’État chiite iranien devra mettre fin à l’expansion religieuse et politique de la société azerbaïdjanaise.
Les relations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan ne se réchaufferont pas dans un proche avenir, mais ces relations se stabiliseront.
Mettre fin aux conflits à long terme avec des pays de la région tels que la Géorgie, l’Azerbaïdjan et la Turquie permettra à l’Arménie d’exister en tant qu’État avec des stratégies plus stables. Aujourd’hui, le chiffre d’affaires du commerce de l’Arménie avec un grand potentiel économique régional, comme la Turquie, n’est que de 230 millions de dollars, ce qui n’est pas un chiffre d’affaires légal, mais simplement une relation économique appelée « affaire de valises ». En d’autres termes, les citoyens arméniens qui se rendent en Turquie en tant que touristes transportent des marchandises et des produits à vendre dans leur pays.
À titre de comparaison, le chiffre d’affaires du commerce de l’Azerbaïdjan avec la Turquie est d’environ 220 milliards de dollars, tandis que celui de la Géorgie est d’environ un milliard de dollars.
L’Union européenne est devenue l’otage du conflit du Karabakh pour garantir ses intérêts politiques et économiques dans le Caucase du Sud. Désormais, l’UE poursuivra une politique avec les trois pays sans prendre en compte les contradictions, car ces contradictions n’existeront plus.
L’UE a de grands intérêts stratégiques à s’étendre dans la région. Le bassin de Caucase du Sud-Caspien est une région économiquement et politiquement attractive pour l’Union européenne.

Quel rôle l’Union Européenne peut-elle jouer ici ?
Mission de médiation pour la construction et le renforcement de la confiance mutuelle entre les pays du Caucase du Sud ; Renforcer les valeurs européennes dans la région ; Un travail multi-profils doit être fait pour l’intégration du Caucase en Europe. La France peut également être considérée comme exempte de complexes dans ses relations avec les pays du Caucase du Sud. Jusque-là, la France devait faire des manœuvres inutiles entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. La France, qui entretient des relations très étroites avec l’Arménie, a souvent été forcée de manquer de sincérité pour maintenir des relations avec l’Azerbaïdjan. Désormais, une telle obligation n’existe pas et la France peut mettre en œuvre ouvertement des projets politiques et économiques avec l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

Ganimat Zahid